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Le rêve s'endort, mais pas l'espoir.

Photo de YOU-ARE-A-SON-OF-DORK

YOU-ARE-A-SON-OF-DORK

Description :

Mieux vaut mourir incompris que passer sa vie à s'expliquer ; W. Shakespeare.

Les photographies n'ont rien à voir avec la fiction.







© Par propriété exclusive de
l'auteur, la copie et les utilisations partielles ou totales de son travail sont interdites; conformément aux articles L.111-1 et L.123-1 du code de la propriété intellectuelle. Tous droits réservés.

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  • Chapitre six : Évadons-nous, pour que plus personne ne vienne nous retrouver.
  • Chapitre cinq :Étrange odeur du soir froid de décembre.
  • Chapitre quatre :Ses mains étaient encore si chaudes ...
  • Chapitre trois : À force d'espérer, on finit par découvrir notre vraie nature.

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Nouvelle fiction, nouvelle envie, nouveau départ.Author ; Ana Favier.

« - Je vais le buter cet enfoiré. Il me cherche, tu verras, il va me trouver !
___C'était la première fois que je le voyais et j'avais l'impression de le connaitre depuis des années. J'avais presque des
___sentiments pour cet homme.
___Je n'avais pas la moindre idée de son nom, mais je décidai de l'appeler John. Son visage s'y prêtait bien, et avec un peu
___de chance, peut-être était-ce son vrai prénom.
___Il avait les cheveux très courts, deux ou trois millimètres à peine, dont la teinte était plutôt foncée.
___- Mais mec, détends-toi, c'est qu'un looser ce gars, il n'en vaut pas la peine, dit l'autre homme.
___Nous étions tous les trois allongés dans un grand lit. Mais que faisions nous là ?
___Je ne savais pas, mais je sentais que nous étions enfermés. Un cellule sans doute, étions-nous en quarantaine ?
___John donna un grand coup contre la tête de lit, ce qui me permit de voir ses tatouages, sans pour autant que je me
___souvienne de ce qu'ils représentaient. Sur sa peau à peine bronzée par le soleil, ça rendait plus que bien.
___Pendant que mes deux inconnus conversaient, j'attrapai la main de John qui se trouvait à ma droite et l'amenai au dessus
___de la couverture.
___Sa main, à ma grande surprise, était tout ce qu'il y a de plus beau au monde. Je n'ai jamais été attirée par les mains, mais
___celle-ci était vraiment belle. Peut-être les trouvais-je magnifiques parce que le personnage entier m'avais séduite.
___Mais, la peau du dos de sa main était aussi douce que la peau d'une pêche, sa paume, elle était lisse et délicieusement
___moite. Ses ongles étaient assez carrés, certainement dû au fait qu'il les rongeait, mais pas à l'excès.
___Je me souvenais qu'il portait une barbe, un peu plus courte que ses cheveux, elle était sombre. »

___Ensuite, ce fut le trou noir.
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#Posté le mercredi 11 mars 2009 08:49

Modifié le samedi 28 août 2010 04:33

Après les premiers pas.Il faut un article fourre-tout si l'on veut réussir à quelque chose.

Pleins de photographies sont de Théo Gosselin.

Prévenez-moi si vous voulez être prévenus.
First - Second - Third (and proofreader) - Fourth - Fifth - Sixth -

Je vous présente mes personnages, dessinés par moi.
Louise -
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#Posté le vendredi 16 juillet 2010 17:16

Modifié le mardi 31 août 2010 11:30

Chapitre premier :Douce héroïne, elle seule me chatouille les narines.

___La bonne odeur de la journée qui commence. L'effluve du café chaud enivrait la pièce toute entière. On pourrait croire à un réveil amoureusement orchestré, mais non, en réalité, j'étais seule, le parfum du café était aussi celle de la programmation de la veille.
Je venais de le quitter, comme chaque matin. Et il me manquait, comme si je développais une dépendance totale à sa vue.
Les rayons du soleil persistaient à travers les volets, et s'évanouissaient sur mon visage. Je me levai, et m'arrêtai sur le miroir qui se trouvait dans le couloir.
« Même coiffée par les couvertures, tu restes la plus jolie fille que je connaisse, Louise. »
Un poids lui monta à la gorge, ces mots étaient ceux de sa meilleure amie, Lisa, décédée le 21 mars 2007. Elle avait dix-neuf ans.
Il ne se passe pas un jour sans que son visage s'offre à moi, des grands yeux bleus, toujours soulignés d'un trait noir qui lui allongeait l'½il. Quant à ses long cheveux noirs, ils entouraient son visage et mouraient au niveau de son nombril. La manière dont ils ondulaient lui donnaient une bonne mine naturelle. Elle était toute ma vie.
Je poursuivais ma route jusqu'au frigo. Depuis quand je n'avais pas fait les courses moi ?
Je me contentai d'un yaourt au fruit, et m'en allai me doucher. Nue, dans ma salle de bain, je touchais du bout des doigts mes cicatrices de piercings. J'en avais enlevé une bonne dizaine depuis la mort de Lily. Elle et moi étions fans de body modifications, mon premier tatouage, c'était avec elle. Nous avions toute les deux une ancre sur le pied gauche.

___J'attrapai mon blouson et claquai la porte. Cette fois-ci, je devais faire les courses pour la semaine. Aurais-je assez d'argent ? Depuis quelques mois, je me devais de faire attention à mon budget, étant donné que j'avais perdu mon poste de rédactrice au magazine de mode. A présent, je travaillais dans un journal quotidien dans la région, je ne gagnais pas beaucoup, mais assez pour vivre. Je n'avais plus besoin de crouler sous l'or, les petites histoires que je publiais sur un site universitaire arrondissait mes fins de mois.
J'avais vendu ma voiture aussi, pour mettre de l'argent de côté. Je ne savais pas bien à quoi ça allait me servir, mais je me disais que ça finirait bien par être utile. En revanche, j'avais gardé la moto de Lisa, nous l'avions achetée parce qu'elle avait la même couleur que ses yeux.
Les magasins, c'est souvent une source d'inspiration pour mes histoires, malgré mon dégout naturel pour les gens, j'aime passer mon temps à les décrire et à les analyser pendant que je griffonne des esquisses d'eux sur mon billet de courses. Je crois que, s'ils disparaissaient tous, je serai réduite à néant.
Heureusement, je ne suis pas si seule que ça.
Soudain, je m'arrêtai nette. Ma feuille et mon crayon échappèrent à ma main. « Louise » J'avais entendu mon nom, comme hurlé par quelqu'un, un homme probablement. Mais ce n'était pas comme s'il était près de moi, non, c'était un cris étouffé, à vous glacer le sang.
Mon corps tout entier était immobilisé. Je ne pouvais bouger aucun de mes membres, j'étais bloquée et je cherchais a qui pouvait bien appartenir cette voix. Mais personne ne me vint à l'esprit.
Peu à peu, je regagnais mes fonctions. Mais je fixais toujours le sol, incrédule. J'entendais encore mon nom résonner. Ce n'était pas comme un appel à l'aide mais plutôt comme quand l'on crie sur quelqu'un quand il fait une bêtise, une pointe d'espoir dans la voix en plus.
Je m'empressais de ramasser mes affaires et de changer de rayon. Tant pis pour le modèle que je voulais, un prochaine fois peut-être. Je mis mon billet dans ma poche et mon crayon dans mon sac, je n'avais plus la tête à dessiner.
Je me dépêchais de choisir les articles les moins chers, et de passer à la caisse. Je crois que j'avais peur.
Je ne paraissais pas être une fille dotée de ce sentiment, la peur. Les gens croyaient que j'étais quelqu'un de fort, et j'aimais alimenter cette image, je ne sais pour quelle raison d'ailleurs. Derrière mes quelques dreads, mes cheveux noir, mes tatouages et le reste de mes piercings, j'étais quelqu'un de fragile, et amochée. Avant, je ne pensais pas à tout ça, à « l'image », Lisa et moi on vivait. On était nous, l'une protégeait l'autre. On nous prenait souvent pour des s½urs d'ailleurs. Nous étions amies avec tout le monde, les gens nous respectaient. Mais depuis sa mort, ils m'en tiennent responsable pour la plupart, les autres, j'ai préféré leur tourner le dos.

___Mon sachet de courses sur mes genoux, je roulais à vitesse constante. Je n'ai pas dépassé la vitesse de 50 km/h depuis ... la dernière fois.
« Louise ! Freine ! On vas se manger l'arbre ! STOP ! ... » Non, il ne fallait pas que j'y pense.
Malgré quelque souvenirs douloureux, je parvins à m'en défaire, et à rentrer chez moi. Le sac en main, j'avançais vers la porte d'entrée. Quelqu'un se racla la gorge.
Un homme attendait, assis sur le banc devant la maison. Tête baissée, les cheveux bruns et ondulés sur le visage. Il pourrait faire un bon sujet. Il portait une chemise à carreaux et un slim qui avait visiblement subit les ravages du temps.
- Je peux vous aider ? hésitai-je.
L'homme se leva pour me faire face, il mesurait dans les 1m80.
- Surement.
- Erm, en quoi ?
- Tu ne me reconnais pas ? Je n'ai pourtant pas tant changé en trois ans.
- Timotei ?
Des larmes me montaient aux yeux.
Oui, c'était bien lui, je reconnus le fer à cheval¹ qu'il accrochait à sa narine sans les deux boules.
- Que, qu'est-ce, qu'est-ce que tu fiches ici ? bredouillai-je.
- Sympa l'accueil, t'es pas contente de me voir ? dit-il en levant un sourcil.
Si, bien sûr que si.
- Toutes ces années sans nouvelles, tu m'a tourné le dos, Timotei. Je n'avais personne pour m'aider.
- Tu chassais tout le monde !
- Parce que je ne voulais pas d'eux ! Ils ne me connaissaient pas ! Tu étais la seule personne qui pouvais me comprendre, tu étais toujours avec nous. Et tu n'as rien fait.
Je ne pouvais plus retenir mes larmes, elles coulaient toutes seules, je ne pouvais pas lutter.
- Arrête de pleurer.
Il approcha sa main de ma joue et essuya mes larmes. Quelques unes lui échappaient pour mourir dans la commissure de mes lèvres.
De rage, je tapais sur son torse, en vain. Je ne voyais plus rien, ma vision était trouble. Il m'immobilisa rapidement en me serrant contre lui. Je me souvins de son odeur, comme si elle ne m'avait jamais quittée. Il m'avait tant manqué.

___Il avait poussé la porte et m'avais assise sur le canapé. Effondrée, je me laissais faire, il s'occupait toujours de nous quand on allait mal, elle et moi.
Je n'avais changé de place aucun objet depuis qu'elle était partie, Timotei se souvenait de l'emplacement de chaque objet. A croire qu'il ne nous avait jamais quittés.
- Un cappuccino, bien chaud, lança-t-il.
Il s'en souvenait ...
- Où était-tu passé pendant ces trois ans ?
- En Mongolie !
- Je vois que tu n'as pas perdu ton sens de l'humour, dis-je ironiquement.
- J'ai pas très envie de parler de ça, je ne veux pas te faire de mal ...
- Comme si cela n'était pas déjà fait.
- Je suis désolé, Louise, vraiment.
Désolé ? Rien que ça ?
- Ah ! Tu as toujours ton piercing de vache ! dit-il pour changer de sujet.
- Ça s'appelle un septum, et c'est pas un piercing de vache.
Il alluma la télévision.
J'étais frigorifiée. Je me levai et déposai mon cappuccino sur le rebord de la banquette. Un plaid en polaire m'attendait dans le coffre qui était au bout de mon lit, je ne voulais pas le faire attendre plus longtemps que ça.
De retour au salon, Timotei s'était allongé dans le canapé. Ses yeux se fermaient.
Il restait malgré tout une place, j'en profitai pour m'y incruster.
Enroulée dans la grande couverture, j'en profitais pour ne plus bouger et laisser la chaleur me pénétrer.

*
*____*

___« Il se tenait devant moi, tout en me tournant le dos, la tête et les mains posées sur les barreaux de notre cellule. L'autre était assis sur le lit, en train de fumer une clope.
- Ça va sans doute vous paraitre louche, mais ... tentais-je.
- Oui ? m'interrogea le fumeur.
- Non rien. J'étais encore dans mes pensées.
Je ne devais pas leur demander ça comme ça. Ils allaient flairer quelque chose, c'était certain.
- Je peux te prendre une cigarette ?
- Tu sais très bien que tu n'as pas besoin de demander, dit-il, mais c'est toi qui la roule.
- T'inquiètes, je suis une pro du roulage !
Cette sensation d'amitié forte, comme si je les connaissais depuis toujours ... me triturait l'esprit.
La cigarette dans la bouche, je me dis que s'il ne fallait pas que je demande pour son tabac, je ne devais pas non plus me gêner pour son briquet qui était posé sur une de ses jambes.
Assise sur le lit, j'en profitais pour me calée contre le mur et poser mes yeux sur le corps de celui qui m'intriguait le plus.
A sa nuque était tatouée une épée, d'environ cinq centimètres de longueur. A côté du manche était inscrites les initiales T.J. Je ne pus m'empêcher de penser à Thomas Jefferson, il y a trois ans j'avais pris la décision de me faire tatouer son visage sur toute ma cuisse droite. C'était la chose dont j'étais la plus fière.
- Qu'est-ce que tu regardes ? demanda le sombre inconnu en se retournant vers moi.
- Moi ? Oh, rien, erm, pou-pourquoi ?
Son regard était plus déroutant que je ne pensais. Ses sourcils froncés lui donnaient un air d'assassin, mais ses yeux noisettes, adoucissaient son visage.
- Ouais, t'as de la chance.
Deux fois que je le voyais, deux fois où il était énervé. Ou peut-être était-ce son caractère naturel ... Si c'était le cas ... Au fond de moi j'avais de la peine.
Ma bouche s'entrouvrit, je voulais rétorquer, mais ... Mais non. C'était inutile. »

¹ Fer à cheval - piercing souvent utilisé à la lèvre, au nombril, ou au nez.
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#Posté le vendredi 16 juillet 2010 17:27

Modifié le mardi 20 juillet 2010 11:21

Chapitre second :Et si le ciel était ivre ?

« La-la-la-la ... Wonder boy, life's just begun. Turn your sorrow into wonder dream alone, don't sigh, don't groan life is only what you wonder. Day is as light as your brightest dreams, night is as dark as you feel it ought to be. Time is as fast as the slowest thing, life is only ... »
- On révise ses classiques ?
C'était la première fois que je voyais son visage détendu, presque sympathique. Cette vision me fit sourire.
- Tu connais, ça ?
- Et comment ne pas connaître ! The Kinks, Wonder Boy !
- L'année ? m'enquis-je.
- 1967 !
- Oh, tu m'impressionnes.
- Ah oui ? dit-il en me faisant un clin d'½il.
J'étais allongée sur le lit à présent, tandis que l'autre faisait les cent pas.
- Quand est-ce qu'ils vont venir m'ouvrir ces enfoirés ? lança-t-il en s'approchant des barreaux. HÉ OH, LES POULETS, JE DOIS PISSER, VOUS PIGEZ ?
- Alender, ferme-là, cria une voix de l'autre côté.
« Alender » c'était donc son nom. Enfin je découvrais une partie d'eux. C'était un joli nom. Je trouvais qu'il lui correspondait bien.
Il avait les cheveux châtains et pas très courts avec des tas de mèches rebelles, chaque fois que je le voyais, ils étaient gras. Certainement un flemmard. Ça collait finalement bien avec son look de gruge affirmé, avec ses marcels blanc tâchés, ses jeans troués au niveau des genoux et ses vieilles baskets décollées.
Une personne se décida enfin à ouvrir la porte de la cellule. Il posa ses menottes sur les poignets d'Alender et l'extirpa hors de la pièce. Alender manqua de tomber.
- Hé doucement, grogna ce dernier.
- Alender t'es bouché ? On t'a dit de la fermer.
Les deux hommes s'éloignèrent jusqu'à ce qu'on ne les voit plus.
J'étais désormais seule avec mon inconnu. Je ne voulais pas vraiment connaitre son prénom. J'attachais une particulière importance à l'appeler John. Et ça, j'ignorais encore pourquoi.
- On dirait qu'on est seuls à présent ? dit mon nouvel ami.
- Oui ! Et je dois t'avouer que ça me faisait un peu peur ...
- Ah bon ? Pourquoi ça ?
- Je ne sais pas, tu me paraissais un peu énervé.
- Enfin ! Tu me connais, tu sais très bien que ça ne dure jamais longtemps !
- Oui ... Je te connais ... hésitai-je.
« Le connaitre » Ce que j'aimerais, oui. Que devais-je lui dire? La vérité sans doute. Je tentai le tout pour le tout, peu importe s'il allait me prendre pour une folle ou non.
- Tu sais, en ce moment, j'ai du mal à vous suivre. Je ne sais pas trop ce qu'il m'arrive.
- J'ai remarqué que tu tournais pas rond, me dit-il en souriant.
- Je ne sais pas si tu a conscience de ce qu'il se passe ...
- Ça arrive parfois, c'est passager !
- C'est gentil d'essayer de me rassurer mais non, je ne crois pas. Tu sais, j'ai l'impression de te connaitre, sans vraiment ... t'avoir déjà vu.
Il ricanait.
- Tu te fiches de moi ? demanda-t-il entre deux gloussements.
- Je savais que je n'aurais jamais dû t'en parler.
- Oh, je t'ai vexée ? lança-t-il ironiquement.
- Tais-toi.
- Aller viens par-là, je vais te rafraichir la mémoire.
Il me tira par les poignets, les fit se rejoindre dans son dos et passa ses bras derrière ma nuque. Il faisait environ une tête et demi de plus que moi, j'étais donc plaquée contre ses pectoraux.
C'est étrange cette impression de déjà vu. Son odeur de quelque chose, un je ne sais quoi.
- Alors ? s'enquit-il.
Je décidai de jouer la carte de la franchise.
- Non, rien. Tu dois faire mal les choses, blaguai-je.
- Oh tu vas voir si je fais mal les choses !
Il me souleva et me jeta sur le lit.
- Tu tiens à la vie ? demanda-t-il.
- Ça dépend ! Aha !
Il sauta sur le lit et me tortura de ses chatouilles, je ne pus retenir mes cris et mes pleurs de rire.
Soudain, il plaqua sa main sur ma bouche et sauta hors du lit pour se poser à terre.
- C'est quoi ce bordel ? Vous voulez qu'on vous sépare ? dit un vieil homme en uniforme en s'approchant.
- Désolé Bernie, lança « John » en baissant la tête.
Le vieux parti, il regagna sa place.
- C'était qui lui ?
Il m'interrogea du regard puis se résolut à répondre.
- Il s'appelle Bernie, il est censé être à la retraite depuis deux ans, mais il aime son travail, alors il reste ici.
- Il ... me fait peur.
- T'as pas à avoir peur de Bernie, il se donne une image de flic méchant, mais en réalité il est doux comme un agneau, il est au petit soin avec nous.
- Un flic ? m'affolai-je. On est en prison?
- Non, enfin pas vraiment.
- Je comprends pas là. Où est-ce qu'on est ?
- C'est un peu comme si on était en quarantaine.
- En quarantaine ?! Comment ça ? Qu'est-ce qu'on a ?
- Nous rien. C'est le gouvernement qui nous a transférés là.
- Le gouvernement !? C'est quoi ce délire ?
- J'en sais rien, on a aucun contact avec le monde extérieur depuis des semaines. Il y a deux mois, t'as pété un plomb, ils t'ont enfermée une semaine entière dans une cellule capitonnée. A ton retour, c'était plus vraiment pareil. On t'a récupérée totalement vidée, il t'ont laissé la camisole encore deux jours après que tu sois rentrée, ils voulaient s'assurer que tu ne nous ferais rien.

*
*____*

- Hé, Lou, réveille-toi.
Timotei était en face de moi, il me caressait la joue, tendrement. Je le laissais faire.
- Gn, quel heure est-il ?
- Vingt heures.
- Putain déjà ?!
- Ouais, j'ai préparé à manger ...
En effet, la table était mise.
Un frisson me parcourut, Timotei me prit dans ses bras.
- T'as de la fièvre ... dit-il. Allez, viens.
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#Posté le dimanche 18 juillet 2010 15:47

Modifié le samedi 28 août 2010 04:34

Chapitre trois : À force d'espérer, on finit par découvrir notre vraie nature.

Chapitre trois : À force d'espérer, on finit par découvrir notre vraie nature. ___Allez encore une matinée de ratée. J'avais eu du mal à me rendormir, la veille. Timotei avait passé la nuit ici, histoire de voir si la fièvre ne m'aurait pas tuée, et aussi pour éviter de se taper la route jusque chez lui.
Ma tête était plus lourde que tout ce que j'avais pu connaitre dans ma vie. Elle avait du mal à tenir sur mes épaules. Ça, et la barre de douleur qui transperçait mon crâne, c'était l'enfer.
J'entendais du bruit dans la cuisine. Sûrement Timotei qui faisait encore la nounou pour moi.
Je feignais, je m'arrêtais devant un mur, et le regardais, trainais des pieds ... je n'avais pas envie d'aller à sa rencontre. Ça m'agaçait le fait qu'il soit si proche de moi, comme si j'étais malade, alors que depuis, j'ai guéri. C'était avant qu'il aurait dû venir me soigner.
Je m'arrachai à la contemplation des murs pour gagner la cuisine. Il fallait bien que j'y aille un jour. Plus je m'approchais, mieux j'entendais. Et ce que j'entendais ne me rassurait pas vraiment. J'entendais parler. Mais ce n'était pas le son de la télévision, ni de la radio, c'était la voix de Timotei. Il devenait schizophrène ? Tiens donc.
Une idée me titilla : le surprendre et se moquer. Quel geste puéril pour une adulte de vingt-et-un ans. Oui, puéril et très immature.
- Grillé ! hurlai-je en le désignant du doigt, les jambes maladroitement écartées par un saut mal rattrapé.
Mais je pense qu'au final, ce n'était pas lui qui avait le plus l'air con. Mon esprit retrouvé, je découvris deux hommes face à moi, assis sur les grands tabourets de mon bar. Ils me dévisageaient, l'air incrédule.
- Oh ! Ah oui, d'accord, je vois le genre, lâchai-je.
- Louise ! Je te présente Joseph ! Joseph, Louise.
- Euh, Timotei, depuis quand t'invites les gens sans m'en parler ?
- Depuis toujours, mon coeur.
J'affichais un air peu convaincu.
Le jeune homme se leva de son siège et s'approcha pour me saluer.
- Bonjour, Louise. Désolé, je ne pensais pas déranger, je vais m'en aller.
Mon nom prononcé par lui me fit frissonner.
- Non, non ! Je le taquinais c'est tout ! Ta présence ne me dérange absolument pas ! T'en fais pas.
Il acquiesça et me gratifia d'un large sourire.
C'était un petit original, à grosse lunettes de vue noires, et aux cheveux courts, affreusement bouclés de la même couleur. Il portait un slim clair avec un haut des plus décolleté et moulant. Je pense que s'il avait été une fille je l'aurai traité de « pute ».
- Joli haut, lançai-je, pleine de sarcasmes.
- Oh, tu trouves ? C'est ma s½ur qui me l'a donné ! Elle ne rentrait plus dedans, alors ...
D'accord, la subtilité, c'était pas son truc.
- Bon, hé bien, euh ... Louise, je te fais un café ? dit Timotei, nerveux.
- Ouais, fais péter !
Je me laissai tomber telle une larve sur le canapé en attendant qu'il vienne me l'apporter.
J'avais plutôt du mal à engager une conversation avec quelqu'un. D'ailleurs, c'était toujours Lisa qui faisait le premier pas dans une conversation. Une fois celle-ci engagée, elle partait et me laissait seule avec la personne. Je lui dois pas mal de petits amis. Je lui devais ...
Joseph tenta une approche en s'asseyant à mes côtés.
- Alors ... erm, tu aimes les tatouages, hein ? hésita-t-il.
- Bah ouais ...
- T'es tatoueuse ?
- Non, je suis juste fan de la pratique. Je suis journaliste, enfin ... plus pour très longtemps.
En effet, ça faisait désormais une semaine que je n'avais pas fichu les pieds dans cette ruche. Que je n'avais pas vu tout ces andouilles se prendre pour de grands journalistes alors qu'ils n'ont qu'un poste de merde. « Oui, oui, c'est moi, je m'occupe des courriers du coeur » - Je m'occupe de la rubrique nécrologique alors si t'as pas envi de paraitre dans ma rubrique je te conseille de la fermer.
- Journaliste? Mais c'est génial ! Tu travailles pour quel magazine ?! s'enquit-il.
- « L'info du coin ».
- Oh ... mais c'est super ! lança-t-il comme pour camoufler sa déception.
- Quand tu passes de rédactrice en chef chez « Hight Mods » à simple journaliste à la rubrique nécrologique du magazine de la région, tu pleures.
- T'AS BOSSÉ CHEZ HIGHT MODS ?!
- Ouais ...
- Oh la vache ! J'ai toujours rêvé de bosser là-dedans ! Oh mon dieu ! La chance que tu as !
- Cherche pas, t'as très peu de chance d'y aller un jour.
Il baissa les yeux. Aurais-je été un peu dure ?
- Enfin, c'est pas que t'en as aucune, c'est juste que je connaissais bien la boss, et elle tiens à son personnel. Si tu veux, elle connait tout le monde intimement. Si moi je suis parvenue à y rentrer, c'est que Lisa la connaissait bien et qu'elle l'a invitée à la maison.
- Ah d'accord ! Qui est Lisa ? Elle pourrait peut-être m'aider !
- Ça j'en doute. Lisa était ma meilleure amie ...
- Était ?
- Elle est morte le 21 mars 2007.
- Oh.
Timotei vint s'assoir en face de moi.
- Par ma faute, continuai-je.
Il me prit la main et la serra fort.
- Arrête Louise, tu sais très bien que c'est faux.
- Ouais ...

J'avais brutalement quitté la pièce pour me rendre dans la salle de bain et en profiter pour prendre un bain.
À mon retour, Joseph avait disparu.
- Il est ou ton copain ? m'enquis-je.
- Il est parti se préparer.
- Se préparer pour ?
- Sortir.
- Sortir ? J'peux venir ?
- Tu sais bien que oui.
J'affichai un sourire que Timotei ne prit pas la peine de me rendre. Quelque chose n'allait pas.
- Il y a un problème, Tim ?
- Nan, nan.
- Je le vois bien tu sais ...
Il baissa les yeux.
- Timotei ...
- Je suis malade, lâcha-t-il froidement.
- C'est pas une raison !
- Rah, tu comprends rien ! dit-il, énervé. Je suis vraiment malade.
- Aha, très drôle. T'as quoi ? Un rhume ?
- Pas vraiment, non. Il y a quinze jours, j'ai dû faire une prise de sang pour vérifier que tout était O.K. et c'est là qu'ils ont découvert de quoi j'étais atteint.
Je le fixais, bouche bée, les yeux écarquillés. Je ne savais pas quoi dire, tout se bousculait dans ma tête, je me sentais tellement stupide.
- T'as ... quoi ? hésitai-je.
- Sida.
Des larmes chaudes roulaient sur mes joues. Malgré tout le temps où il était séparé de moi, tout le temps où je l'ai détesté, je ne pouvais m'empêcher de pleurer.
La rage laissait un goût amer sur mes lèvres.

___Joseph venait de refaire son entrée dans la pièce, une cigarette à la main.
- Euh, qu'est-ce qu'il se passe ? Tu lui a dit ?
Timotei hocha la tête.
- Ah d'accord. Bon ben, on y va ?
Sa réaction me dérouta. Il était stoïque, insensible.
- Allez ! suivit Timotei.
Je me levai et les suivis machinalement.
- On va où au fait ?
- En ville ma grosse !
- La grosse ? J't'en foutrai ! ris-je. Tiens, je me laisserais bien tenter par un nouveau piercing.
- Où ça ? demanda Timotei.
- Où tu veux ! Ce sera un piercing pour toi, en ton honneur.

*
*____*

___Le gouvernement ... tout se brouillait dans ma tête. Une mise en quarantaine, en plus, comment cela était-il possible ? On est en quarantaine quand on est malade normalement, et pourtant, je me sentais plutôt bien, peut-être mieux qu'avant.
- T'as l'air sonnée ... constata-t-il.
- Tu t'attendais à quoi ? Tu m'annonces qu'on est enfermés, qu'on pourra peut-être plus sortir et t'espères que je réagisse comment ?
- Je reconnais que c'est un peu ... brutal, mais c'est pas comme si t'étais pas déjà au courant ! Mais qu'est ce qui t'arrive à la fin ? T'es amnésique ou quoi ?
- J'avoue que j'en sais rien ... soufflai-je.
Le silence prit place. Je sentais son regard sur moi, ce qui avait le don de me mettre mal à l'aise.
- Alors, tu fais moins le malin Alender, hein ? fit une voix.
Nos regards se croisèrent, je l'interrogeai.
- Allez avance, pauvre merde.
Nous vîmes le corps d'Alender tout recroquevillé s'écraser avec violence contre les barreaux de la cellule. L'homme derrière lui ouvrit la porte de la cellule et tira Alender afin qu'il se remette debout, face à l'entrée, et lui donna un gros coup de pied dans le bas de sa colonne vertébrale.
Alender s'écrasa face contre terre sur le sol.
Je m'empressai de courir à ses côtés afin de voir s'il allait bien. Lorsque je levai les yeux, je croisai le regard de l'homme. Il avait un petit rictus hautain sur les lèvres.
À cette vision John se leva et tapa violemment contre les barreaux, ce qui eut le don d'amplifier le sourire mesquin de l'ennemi.
- John, arrête, il n'en vaut pas la peine.
Il fit volte face.
- Comment tu m'a appelé ?
Je ne savais pas quoi dire. Je ne connaissais pas son prénom, John était juste un ... surnom.
- Erm, John, dis-je en baissant les yeux.
- Ah ! J'ai cru un instant que tu m'avais appelé Josh, comme ... comme mon frère.
Alors je ne m'étais pas trompée ? J'avais vu juste pour son nom ? Ah, trop forte !
La toux d'Alender me sortit de mes pensées. Je pris ses mains afin de l'aider à s'assoir. Il avait l'arcade et la lèvre ouvertes, son oeil était gonflé.
- Ça va, vieux ?
Alender opina, puis me regarda et me prit dans ses bras. Une réaction qui me surprit de la part d'un bonhomme comme lui. Une fois s'être détaché de moi, il baissa la tête, et une larme s'échappa pour mourir sur le sol.
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#Posté le jeudi 26 août 2010 12:15

Modifié le samedi 28 août 2010 04:36

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